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Petite histoire d'espionnage et de politique (2)

ce  qui se passe ailleurs dans le monde...

 

SCANDALE DES ÉCOUTES • Emails, chats et réseaux sociaux : LA NSA ESPIONNE TOUT

 

Affaire Snowden : les conséquences diplomatiques

 

 

 

ce qui se déroule au Canada...

 

Une agence d'espionnage fédérale intercepte  CERTAINES CONVERSATIONS DE CANADIENS

 

Le fédéral autorisé à utiliser de l’information  EXTRAITE SOUS LA TORTURE

 

L'arrivée du privé  SOULÈVE DES CRAINTES

 

 


 

ce qui se dit d'intelligent sur les médias...

 

Ça sort un peu du cadre du thème général de ce billet mais c'est incontournable quand même :

 

Lettre d'une pigiste  PERDUE DANS L'ENFER SYRIEN

 

I want to talk about Syria,  NOT JUST MY ROLE AS A FREELANCE JOURNALIST

 

 

bonus track


04/08/2013
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Petites histoires d'espionnage (1)

"Le diable s'occupe de nous, et nous des autres."

Proverbe espagnol

 

Depuis le début de l'année, chaque semaine, je prends quelques minutes - et parfois quelques heures de mon temps libre - pour faire le point sur ce qui se passe dans le monde, au Canada et dans les médias. Pour être plus précis : pour faire le point sur ce que je perçois comme étant une nouvelle marquante sur ces trois scènes de l'information.

 

D'ailleurs, les capsules d'infos que je prends la peine d'épingler dans chacun de mes billets ne sont pas toujours des sujets issus de la semaine en cours au moment de la publication. Non, je me fie plutôt sur ce qui me tombe sous la main. Sur ce qui me semble être particulièrement significatif ou ce qui me semble mettre l'actualité en cours de dévoilement en perspective.

 

Aux trois contraintes du support (audio, vidéo et texto), il faut ajouter aussi le fait que je ne suis abonné à aucun fournisseur de contenu télévisuel. Par conséquent, je mène mon expérience un peu à l'aveugle. En regardant le monde indirectement, sans la ponctuation du journal télévisé. Ce qui explique la toile de fond d'écran de mon blogue, en passant.

 

Bref, né sous l'impulsion de la conversion des ondes analogiques en signaux numériques, ce blogue me sert avant tout de pense-bête. Puis, peu à peu, il me permet prendre conscience de l'abondance et du caractère éphémère de l'info, de l'accélération de la nouvelle sur l'autoroute de l'information. Car même sans abonnement au contenu télévisuel, on n'échappe pas pour autant à son contenu puisque d'autres plateformes reprennent ou rediffusent son contenu original. On le consulte en différé seulement. Dans une certaine forme de décalage horaire qui permet un certain recul sur ce qui défile à l'écran sans relâche.

 


 

Cette semaine, j'ai décidé d'amorcer une série de billet sous le thème de l'espionnage. Et ce, parce que les services de renseignements, dans une économie basée sur l'information, peut avoir un impact énorme sur la liberté des citoyens (corporatifs ou non), la vie privée des habitants de la planète et l'avenir de la démocratie en général.

 

Et puisque le diable est toujours dans les détails, j'ai décidé de lui donner la vedette dans chacune des citations placées ici en exergue.

 


"C'est péché de calomnier le diable."

Proverbe français 

 

 

Ce qui se passe dans le monde ressemble d'abord à ceci : 

 

 Microsoft's latest marketing campaign, launched in April, emphasizes its commitment to privacy with the slogan: "Your privacy is our priority."

 


 

 "On ne peut pas peigner un diable qui n'a pas de cheveux."

Proverbe français

 

 

Ce qui se déroule au Canada fait écho à cette entrevue datant de 2009 :

 

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"Le diable chante la messe."

Proverbe français

 

Ce qui se dit d'intelligent sur les médias, ça ressemble à ce vidéo :

 

 

 


 

 

bonus track

 


28/07/2013
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Avaler ce monde qui nous digère plus lentement (3)

Comprendre le monde qui nous comprend. Essayer d'appréhender un monde qui nous englobe. Qui veut vraiment relever ce défi ou qui croit pouvoir y arriver simplement en s'informant quotidiennement ?

 

Est-ce que lire les journaux, regarder la télévision ou écouter la radio est suffisant ?

 

Quelle est la place du cinéma, de la littérature et de notre entourage immédiat dans tout ce cheminement ?

 

Qu'en est-il de la communauté dont on fait partie et au sein de laquelle nous sommes souvent absents ?

 

La crise démocratique actuelle est probablement issue de cet éloignement ou de ce sentiment d'étrange étrangeté que nous entretenons face à l'endroit où nous vivons. Et par "cet endroit", je n'entends pas la province ou le pays, mais bien la petite municipalité ou l'arrondissement où nous vivons, tout bonnement, chacun dans notre coin de pays.

 

Personnellement, je ne suis pas du tout ou ne me sens pas du tout impliqué dans la municipalité où je vis. Il n'y a pas de sentiment d'appartenance ou d'enracinement véritable.

 

Chaque semaine, ou même plus souvent, je fais ma petite visite à la bibliothèque de l'île où j'habite et je passe devant la mairie. Chaque fois, ou presque, je me demande combien de personnes participent à l'activité collective de cette ville où je ne me sens qu'un passant anonyme, un fantôme. Et puis, je me pose la question pour les passants qui, je le vois bien dans leur regard ou dans leur attitude, ignorent jusqu'à l'emplacement de ce poste de décision municipal. Et pourtant, c'est bien au niveau local que les décisions affectant notre vie de tous les jours se concrétisent.

 

Malgré tout, je sens toujours cette même indifférence. Cet ennui poli qui m'habite face à la qualité des routes, à l'abondance de l'eau potable, à l'entretien adéquat des équipements municipaux, au juste paiement et aux bonnes conditions de travail des fonctionnaires qui font que cette ville est ce qu'elle est, et non pas autre chose. Et pourtant, n'est-ce pas là que tout se joue au quotidien ?

 

Peut-être suis-je trop solitaire ou ai-je trop l'habitude de vivre isolé des autres, mais il me semble que la démocratie se délite de cette manière. Par la désertion du citoyen de son milieu de vie immédiat par le biais de son désintéressement envers les lieux de décisions le touchant directement. Par cet espèce d'affaissement sur soi-même dans notre intimité universellement partagée, facebookée, twitterisée, instagrammisée, etc.

 

Bref, dans ce perpétuel désir du spectacle, du grandiose, du discours à l'emporte-pièce et, surtout, dans cette recherche de sens saupoudrée de sens commun et trempée dans le marketing politique provincial ou fédéral, est-ce que le citoyen ne disparaît pas pour être remplacé par un vulgaire client qui astique en permanence les contours de son pouvoir d'achat ? Car si small is beautiful, il ne faudrait pas exagérer la petitesse de nos attentions, non ?

 

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Mais une fois qu'on a dit ça. On a toujours pas réglé le problème de la démocratie représentative.

 

Et c'est pourquoi la lecture de ce livre... 

 

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de Francis Dupuis-Déri me semble très importante afin de réfléchir à ce qui se passe (ou ne se passe pas) au Canada, politiquement parlant.

 

Et ce, parce que son auteur met le doigt sur le bobo : comprenons-nous ou maîtrisons-nous vraiment ce qu'est la démocratie et ce que veut dire véritablement vivre dans un régime démocratique ? Sommes-nous seulement capables de cet imagination ? Sommes-nous encore assez perspicaces pour oser faire un retour en arrière et puiser à la source de nos deux plus grandes révolutions utopiques occidentales - la révolution américaine et la révolution française - afin de mieux comprendre notre régime politique actuel ? Au canada, nous vivons toujours dans une monarchie constitutionnelle. Avec tout ce que ça implique de servitude volontaire supplémentaire...

 

Car l'idée de base est celle-ci : est-ce que le pouvoir des mots peut encore quelque chose contre les mots du pouvoir, dans la société dans laquelle nous vivons ? Dans cette société dominée par l'économie à tous prix et la religion de la croissance continuelle; sommes-nous capables d'autres choses que de consumer le monde en voulant le consommer bêtement, chaque jour de nos vies ?

 

Cela dit, comment comprendre l'époque actuelle sans réfléchir à l'origine de l'outil de communication que nous utilisons tous les jours ? Ce média des médias. Ce médium quasi divinatoire qui répond même aux plus saugrenues de nos questions. Sans pour autant nous aider à résoudre le plus important de nos problèmes. D'ailleurs, comment appréhender la vitesse du progrès avant le progrès lui-même réalisé, à une époque où même les pauses sont tarifées ?

 

Cette idée de la réflexion sur la vitesse (sans nécessairement être un éloge de la lenteur), elle justifie la raison pour laquelle mes trois derniers billets thématiques portaient sensiblement le même titre. Mais pas tout à fait.

 

Le premier, faisant référence à une vitesse de la nouvelle qui nous dépasse sans nous apporter d'indices suffisants sur sa destination finale.

 

Le second, reprenant sa vitesse normale avec des événements circonscrits dans un déraillement continuel de la vie qui perd son sens en sortant du train train quotidien du transport habituel de la marchandise qui fait avancer toutes les autres. La marchandise énergétique. Le produit de nos énergies qui se transforme ensuite en énergie nécessaire à la création d'autres produits et services.

 

Et finalement, ce dernier billet du trio, qui cherche à prendre un peu plus de recul face à tout ça afin d'y voir plus clair. La vitesse de notre train de vie rendant trop souvent le paysage qui nous entoure plus flou, presque accessoire. Voire virtuel ou dérisoire, parfois. Un peu comme si nous étions tellement absorbé par les médias que nous en subissions un renversement de sens soudain. Ce renversement qui donne à ce qui passe sur nos écrans plus de réalité que ce qui passe à travers la fenêtre de notre logis ou bien la vitre de notre véhicule de prédilection. Étrange époque. Époque opaque, comme dirait l'Autre.

 

Un éditorial de Carole Beaulieu, paru dans L'actualité, ayant pour sujet la saga entourant Edward Snowden, un drop out de niveau high school recruté par la NSA, qui a fini par devenir le symbole d'un monde qui ne sait plus qui protège qui et de quoi, au juste, m'a donné le goût de voir ce documentaire intitulé "Une contre-histoire de l’Internet"...

 


 

Documentaire essentiel qui nous rappelle bien des choses importantes sur l'origine à la fois proche et lointaine du réseau des réseaux. Après tout, parler des années 1960, c'est quand même parler du siècle dernier. D'un siècle révolu. Et vivre aujourd'hui, qu'est-ce vraiment si nous vivons au coeur d'une révolution des perceptions du monde ? Si les portes de la perceptions ont également ouverts toutes les fenêtres sur le monde ; qui peut savoir comment habiter ce monde de la cave jusqu'au grenier ? Le voudrait-on, le pourrait-on seulement ? Pour un humaniste de la vieille école comme moi, il est clair que ce n'est pas possible et que c'est une illusion de croire que l'on peut remplir le monde entier de sa présence sans y perdre sa propre consistance au passage. Alors, que faire ? Envisager l'inévitable: il faut s'avouer contre-révolutionnaire. Ne serait-ce que par simple mesure de précaution. Une mesure d'être humain. Dépassé par le changement qu'il a provoqué lui-même. L'avalement de sa personne par l'étendue démesurée de tous ses plus absurdes fantasmes...


 

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20/07/2013
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Avaler ce monde qui nous digère lentement (2)

Cette semaine, retour à la formule classique. Un billet plus bref, très chaud et estival, sous le signe d'un seul événement : la déflagration d'un train de marchandise explosant à Lac-Mégantic.

 

Ainsi, après avoir modifié la présentation de mes segments en me concentrant sur une source radiophonique, un livre et une capsule audio-vidéo pour aborder 

  • ce qui se passe ailleurs dans le monde;
  • ce qui se déroule au Canada;
  • et ce qui se dit d'intelligent sur les médias;

cette fois je n'utilise qu'un événement pour en éclairer les aspects les plus importants sous ses trois angles différents.

 

Et ce, toujours en essayant de demeurer le plus pertinent possible.


 

Alors, sans plus tarder, on attaque le premier lien et le premier segment.

 

Ce qui se passe ailleurs dans le monde, c'est-à-dire ici...

 

Habituellement, la nouvelle mondiale, celle qui prend une dimension internationale, elle vient du Bangladesh, du Brésil ou de l'Égypte. Écroulement des moyens de production sur ceux et celles qu'on exploite. Révolte d'une population invisible qui se manifeste soudain face à sa paupérisation progressive, agressive. Ou bien s'agit-il d'une révolution manquée, d'un rendez-vous obligé avec un coup d'état militaire ? Lente et pénible transition politique susceptible de produire l'onde de choc tant redouté : la fameuse instabilité qui fait fuir le capital de risque tant prisé. La répétition du carnage Syrien ? La descente aux enfers algérienne dans les années 1990 ? Qui peut savoir quel scénario peut s'écrire lorsqu'une population est aux prises avec l'éclatement de la légitimité du pouvoir, sous la pression de l'insatisfaction grandissante ?

 

Mais, exceptionnellement, cette semaine, le drame hebdomadaire vient d'un petit patelin du Québec. Un endroit discret, une attraction modeste pour les touristes et, bien entendu, là où, comme dans bien des villages et petites villes de La Belle Province, passe le train. Avec son lot de marchandise. Marchandise constituée de matière parfois inoffensive, et parfois de matières toxiques ou explosives.

 

Un article publié dans Les Affaires.com, permet de se rendre compte que la tragédie de Lac-Mégantic peut ébranler n'importe qui. Même ceux qui, selon la croyance populaire, ne font que compter sur les autres pour s'enrichir mais qui, pourtant, voit aussi la valeur humaine d'une région frappée par une négligence criminelle. Autrement dit, on y perçoit encore cette fibre judéo-chrétienne dans cet emploi du "miracle" et dans cette capacité d'envisager fraternellement la vie des Méganticois.  Ce qui prouve que même l'éditeur d'un journal de ce type est tout de même capable de voir la réalité en face, quand l'appauvrissement soudain d'une bourgade résonne comme la fin d'une certaine humanité sur le continent du fameux "rêve américain".

 

 

Bref, dans quelques semaines ou quelques mois, il sera utile d'après moi d'avoir ce petit bout d'article épinglé quelque part afin d'y revenir puiser l'essentiel :

 

N’oublions jamais que l’enfer est passé par là et qu’il faudra faire l’impossible pour éviter qu’il passe ailleurs. - Stéphane Lavallée


 

Ce qui se déroule au Canada (concernant Lac-Mégantic)...

 

Maintenant que nous avons vu qu'il est possible de voir la communauté d'affaires du Québec s'émouvoir d'une tragédie humaine causée par un déraillement inacceptable d'un certain laissez-faire économique, il est maintenant nécessaire de se demander si la classe politique peut être à son tour à la hauteur de la situation.

 

Franchement, au niveau canadien, on perçoit encore plus clairement le détachement, la déconnexion de plus en plus palpable entre Ottawa et le reste des citoyens canadiens.

 

De moins en moins responsable de quoique ce soit, de plus en plus obsédé par l'idée de réduire l'intervention de l'État dans l'économie - et non pas la présence de l'État dans nos vies -, les conservateurs fédéraux ont démontrer encore une fois à quel point le concept d'État Providence leur est totalement étranger. Un peu comme tous ces citoyens qu'ils ne comprennent que lorsque ceux-ci, les citoyens en question, se retrouvent compartimenté dans de petites catégories clientèlistes qu'il suffira ensuite de charmer afin de manufacturer son consentement, le moment venu. Au moment du prochain sondage ou de la prochaine élection.

 

Quoi de mieux qu'une capsule vidéo du premier ministre du Canada tenant son point de presse à Lac-Mégantic pour en avoir le coeur net ?

 

 Et comment bouder son plaisir en ne plaçant pas dans ce segment pense-bête la réaction sonore d'un citoyen face à l'attitude du ministre fédéral des transports, Denis Lebel ?

 

 

 


 

 

Ce qui se dit d'intelligent sur les médias...

 

Eh bien, à cette étape du billet, un peu difficile de trouver quelque chose de vraiment profond ayant été dit sur la couverture médiatique des événements de Lac-Mégantic après un si court laps de temps. Après tout, il faut quand même un certain recul, à la fois par rapport à la situation et par rapport au discours médiatique, afin de bien cerner ce qui fonctionne ou pas dans la couverture en boucle et en continu de ce type d'événement. Que ce soit en "temps normal" ou en pleine période de creux estival, comme c'est le cas en ce moment.

 

Cela dit, on peut quand même donner une note d'originalité ou, à tout le moins, relever le courage de Guy Fournier pour aller oser qualifier "d'inflation verbale" certaines déclarations médiatiques concernant ce terrible drame.

 


 

bonus track :

 


 


12/07/2013
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Avaler ce monde qui nous digère moins lentement (1)

Honoré de Balzac disait "Le monde m'appartient parce que je le comprends."

 

J'ose croire que l'auteur monumental de la Comédie humaine, s'il vivait aujourd'hui, ferait preuve d'un peu plus de retenue et de sagesse dans ces propos.

 

Non pas que le monde ait tellement changé. Les dimesions terrestres et les contraintes géographiques sont demeurées les mêmes. La nature et la condition humaines n'ont pas vraiment changées.

 

Toutefois, notre conscience planétaire et notre vision globale du monde a été grandement modifié. Les vitesses de déplacement des communications, des flux monétaires et des populations se sont considérablement accélérés. Et cette accélération de l'histoire ne s'est pas fait sans rupture avec le passé. La stabilité et l'interaction entre les peuples ont été radicalement bouleversé.

 

La technologie permet de sauter des étapes dans le cours de l'évolution d'une société. Elle permet aussi à des nations de régresser de manière fulgurante dans la nostalgie de tout un passé glorieux ou imaginé plus désirable que le présent. Finalement, cette même technologie, qui permet tant de "miracles", pourrait aussi bien rayer entièrement la race humaine de la surface de la planète.

 

D'un point de vue géopolitique, également, les choses ont beaucoup changées, évoluées dans une autre direction, diraient certaines âmes plus sensibles. Autrement dit, nous vivons à une époque où les frontières se resserent. Où les ambitions impériales resurgissent. Et, bien entendu, l'empire actuellement en position de domination sent de plus en plus ses forces les plus vives l'abandonner. Peu à peu, l'impérialisme américain se contracte sous la pression d'autres groupes internationaux plus compacts, moins fragiles et un peu plus ambitieux sur la scène mondiale.

 

On a qu'à penser à la Chine, à l'Inde, à l'Union européenne menée par l'Allemagne, aux pays latino-américains sous l'influence du Brésil, au réveil de la Russie, etc. Mais à l'ombre de toutes ces tensions "saines et rationnelles", dans un climat de compétition économique, il y a aussi un autre phénomène qui se dessine. Celui de la résurrection de l'ancien califat, enfoui dans les décombres ou dans les stations service des trois dernières guerres mondiales: la Première Guerre, la Seconde Guerre et la Guerre Froide.

 

Ainsi, depuis 1989, non seulement le communisme tel qu'il était incarné par l'URSS s'est-il écroulé sous le poids de sa folle prétention, mais le monde n'a cessé d'évoluer vers un globe multi-polaire où la démocratie commence à drolement ressembler à un accident de parcours dans l'histoire humaine. À un intermède entre deux Moyen-Âge.

 

Car si nous avons fait le pas sans trop vouloir nous en rendre compte dans un tout nouveau siècle, dans une toute nouvelle dynamique internationale; nous avons également engagé nos existences dans un nouveau millénaire.

 

Et cette étape peu banale nous impose d'adopter une perspective plus lointaine de notre actualité car ce qui s'annonce ou s'en vient ne fera pas l'économie de cette réflexion sur l'histoire et la préhistoire elle-même.

 

On a qu'à se pencher sur l'obsession de la guerre au terrorisme, mise de l'avant par l'administration précédant celle de "l'espoir" incarné par le président Obama, pour se rendre compte de tout le capital de sympathie et de toutes les ressources humaines et naturelles qui se trouvent englouties dans ce conflit asymétrique et paranoïaques qui ne peut, par la nature même du conflit, prendre fin.

 

En effet, même la chute de l'empire lui-même engendrerait à son tour ce type d'affrontement entre des régimes stables et des factions idéologiques déracinées, incapables de toucher le sol et de bouleverser le sol sur lequel elles décideraient de s'établir.

 

Car ne nous y trompons pas. Le terrorisme, tout comme l'espionnage, ne remonte pas à hier. Et ce n'est pas d'hier non plus que les frontières deviennent floues et poreuses.

 

Cet état de fait, diraient certains observateurs optimistes, devraient nous démontrer que la globalisation du monde en cours ne changera rien aux fondements de nos vies.

 

Or, il n'en est rien puisque le mouvement, la vitesse sont inséparables de l'impact fatal. Et cet impact ne peut pas ne pas arrivé. Que cet impact soit l'équivalent d'un boom supersonique ou celui d'un coup de canon importe peu. Le basculement aura lieu. Et celui-ci prendra la forme d'une grand guerre. Il n'y a rien d'autre à prévoir, malheuresement.

 

Comme dirait l'Autre, le génie est sorti de la bouteille. Ou plutôt, devrait-on dire que le djin vient d'émerger de sa tempête du désert.

 

Et dieu sait ce que les effets de cette sortie monstrueuse et irrationnelle réservera à l'humanité dans un futur immédiat.

 

Appelez cela du catastrophisme ou une simple observation de la dynamique des communications conjugées à celle des conflits, n'empêche que la ceinture de feu qui commence à embraser la planète ne se contentera pas d'aparaître sous la forme d'un simple "printemps arabe".

 

Les investissements humanitaires n'ont pas été à la hauteur des ambitions émergentes de l'organisation des "nations unies".

 

La logique du profit et de la faillite des démocraties de moins en moins axé sur la protection des acquis du "New Deal' ou de la fable du "Commonwealth" ne permettra pas d'arrêter à temps l'épidémie islamo-fasciste actuellement en cours d'implantation en Syrie, en Libye, en Afghanistan, au Pakistan, en Tunisie, en Turquie, etc.

 

Surtout, oubliez les derniers bastions de résistance du Maghreb. L'Algérie lutte quotidiennement avec un terrorisme qui ne faiblit aucunement de la mort d'Oussam Ben Laden.

 

Les mouvements de libération de bien des pays repassent par des ornières déjà empruntées au XXe siècle. Fascisme nouveau genre, anarcho-capitalisme, stalinisme arriéré, tout est bon pour canaliser le désespoir de populations entières livrées à l'indifférence des pays dits riches et à la rage aveugle de certains prédicateurs ne prenant même plus la peine d'asseoir leur rhétorique eschatologique sur les bases d'un avenir meilleur. La logique du martyr enclenché par la défelante islamo-fasciste entraînera à sa suite des millions et des millions de gens qui n'ont plus rien à perdre parce qu'il sont encore près d'un milliard deux cent millions d'individus à gagner moins de 1.50$ US par jour afin de survivre à une misère volontairement camouflée par un discours néolibéral décomplexé. Dépouillé de ses derniers habits d'humanité.

 

Quand on annonce sans cesse des taux de chômage en croissance chez les jeunes en Europe. Quand on embrigade femmes, hommes et enfants dans des guerres de territoires sanglantes aux quatres coin d'un globe qui ne tourne plus rond. Quand l'irrationnel (ou la croyance religieuse) devient un droit à défendre au même titre que la Déclaration des droites de la personne. Quand les inégalités sont en croissance partout malgré toutes les stratégies mises en place par des gouvernements nationaux incapables de remplacer leurs discours économiques par autre chose que des discours sur la Sécurité. Quand tout ce qui se dit et s'échange, à l'instar des produits et services incorporés par la globalisation des marchés, est scrupuleusement et systématiquement surveillé; la seule chose dont on ne parle plus - et qui n'en est pas moins réprimée par l'ensemble de l'humanité depuis des décennies - finira par se déchaîner, il n'y aura nulle part où se cacher. Nul abri à creuser.

 

Bref, quand on garde trop longtemps une réalité humaine enchaînée sans reconnaître celle-ci pour ce qu'elle est, une superstition dangereuse qui ne demande qu'à frapper, eh bien, on se réserve un monde qui sombrera corps et âme dans un désastre spirituel sans équivalent dans le passé. Une forme d'apocalypse de l'âme qui cherchera aussi vigoureusement à se libérer de son cops que de son enveloppe terrestre.

 

La seule frontière que l'évolution démocratique des sociétés dominantes finira par tombée. Et cette frontière invisible est simple à décrire. Il s'agit de cette mince ligne rouge qui sépare le Savoir et la Croyance. Et lorsque ce savoir est une marchandise comme une autre, la croyance devient un exutoire comme nul autre pareil. Une sortie de secours qui prend les contours des portes de l'enfer.

 

 

ce qui se passe ailleurs dans le monde (audio) :

 

Les nouvelles internationales avec : vendredi de colère chez les Frères musulmans. Une chronique largement inspirée de cette chronique de RFI ?

 

En réaction à la chronique : "Peut-on tolérer l'intolérable ?"  Question pertinente de Benoît Dutrizac.

 

 

 

 

Réponse diplomatique: on aura peut-être pas le choix de le faire. Sinon, il nous faudra entrer dans une guerre totale avec l'ensemble des pays musulmans.

 

ce qui se déroule au Canada (texto et vidéo) :

 

Le texte d'un intellectuel de renom a retenu mon attention cette semaine. Il s'agit d'un texte mi-chair, mi-poisson, qui fait l'éloge de Justin Trudeau d'une manière vraiment peu conventionnelle, d'un point de vue politique. Et ce, même si le commentateur en question est un spécialiste de la politique canadienne.

 

 

 

Je dois l'avouer. Il m'a fallu relire ce texte plusieurs fois tellement je n'en croyais pas mes yeux.

 

Tout d'abord, parce que j'ai beaucoup de respect pour son auteur et parce que je sais que celui-ci a eu l'audace et la justesse de souligner, lors d'un brin de causette à propos du leader ayant "créé" le Canada, que l'étoile de Pierre E. Trudeau pâlissait lorsqu'on comparait son intelligence à celle de John A. Macdonald.

 

Ensuite, ce qui surprend, ce sont les citations en exergue. Comment peut-on sérieusement citer Margaret Thatcher et Kanye West avant de faire un portrait crédible du potentiel de Justin Trudeau ? Gwyn sait-il qu'il s'agit là probablement de l'artiste le plus imbu de sa personne et le moins sympathique qui soit à l'extérieur de sa sphère d'influence musicale ? Lorsqu'on lit le reste du texte, on se rend définitivement compte que non.

 

Peu importe. L'essentiel de ma surprise se tient ailleurs. Je dirais même en marge du personnage qu'on essaie de saisir à l'écran. Tout mon étonnement tient dans cet aura qui entoure l'argument principal de l'auteur de The Nation Maker.

 

Ainsi, même si l'auteur de l'article souffle à la fois le chaud et le froid concernant les chances de victoire du nouveau chef du Parti libéral du Canada, on sent qu'il manque de faire preuve de la même prudence lorsqu'il prend pour acquis certains constats. Comme par exemple, lorsqu'il endosse du bout des lèvres la "tendance" du "néo-individualisme" développée par un certain Robert Putnam, auteur du fameux livre Bowling Alone.

 

Mais ce n'est pas tout. Gwyn va plus loin. En plus de comparer la stature du fils de Trudeau à un dieu grec et de pratiquement expliquer les échecs du père par un simple manque d'intelligence émotionnelle (!), celui-ci s'aventure même jusqu'à souligner l'efficacité de sa campagne à la chefferie basée sur la "no-policy policy" comme si c'était la dernière des innovations. Alors que tout le monde sait qu'il s'agit du plus vieux camouflage politique pour qui ne veut pas prêter flanc à la critique. Et ce, en ne prenant position sur rien de très original ou compromettant, ou en ne développant aucune vision politique basée sur des principes difficiles à défendre sur la place publique. Bref, tout est dans l'image. Exit l'expérience. Par la fenêtre aussi l'esprit critique quant au combat du belâtre contre le sénateur amérindien déchu. Aucune mention quant à l'aspect symbolique de voir un parlementaire de la Chambre basse (un élu) organisé un spectacle de boxe avec un membre de la Chambre haute (nommé par le premier ministre) dans le but d'amasser des fonds pour une bonne cause, certes, mais en y écorchant sérieusement le standing des deux professions. Encore là, j'imagine que c'est moi qui prend tout ces détails beaucoup trop au sérieux... alors que Stephen Harper lui-même a bâti son nation building là-dessus: l'exploitation d'une vision discordante des Premières Nations et du rôle de la Couronne britanique dans les affaires candiennes.

 

Heureusement, tout n'est pas de la même eau dans cette analyse un peu complaisante envers le principal intéressé et on peut y trouver matière à réflexion concernant l'influence indirecte d'un stratège de Tony Blair sur la stratégie adopée par le clan Trudeau.

 

De plus, on y revient avec justesse sur une déclaration du leader libéral datant de 2001 sur laquelle je suis toujours en train de réfléchir car elle me semble typique du genre de politique qui s'est installé aujourd'hui, sous la dictature des communications. Et la citation est celle-ci:

 

“I don’t read newspapers.
I don’t watch the news.
 I figure if something happens,
 someone will tell me.”

Ce n'est pas la candeur ou la stupidité apparente de cette phrase qui me préoccupe. Non, ce qui me fascine, c'est qu'elle contient peut-être la clef pour comprendre le présentisme dans lequel la politique fédérale, provinciale et municipale se trouve embourbé, à notre époque.

 

Par exemple, on peut se demander si les meneurs d'opinions, les chefs de parti et les capitaines d'industrie ne logent pas tous à la même enseigne: celle qui veut que la réalité que l'on crée pour diriger les spectateurs, les citoyens ou les ouvriers d'un pays ne se trouve pas là où croit qu'elle se cache, c'est-à-dire dans les médias.

 

 

ce que l'on dit d'intelligent sur les médias (texto) :

 

Pour terminer sur une note plus guillerette, pourquoi ne pas vous demander...

 

Comment devient-on accro au numérique ?

 

Une référence pertinente obtenue grâce à l'incontournable émission @LaSphere de la SRC.

 

bonus track


05/07/2013
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